Fleurs de moutarde

6.

Actualités et agenda

3 messages :

Philippe Pozzo di Borgo (Intouchables) contre l’euthanasie (Parrain du collectif « Soulager mais pas tuer ») :

« Je lance aujourd’hui un appel solennel aux parlementaires d’aujourd’hui et de demain : n’abolissez-pas nos vies ! Surtout pas celles des plus fragiles. Vous ne vous rendez pas compte du désastre que provoque chez les personnes qui se débattent avec des vies difficiles votre soutien à l’euthanasie ou au suicide assisté comme des morts « libres, dignes et courageuses ». Aurais-je manqué de dignité, de courage et de liberté en restant en vie, moi l’intouchable, cent pour cent dépendant de l’aide d’autrui pour vivre et donc participer à la société ?
 

Plus d’un quart de siècle de tétraplégie, marqué – j’ose le dire – par autant de joies que de douleurs réelles, m’a vacciné contre le piège du mot « liberté » :
 

• En toute liberté, après mon accident, quand je ne voyais pas de sens à cette vie de souffrance et d’immobilité, j’aurais exigé l’euthanasie si on me l’avait proposée.


• En toute liberté, j’aurais cédé à la désespérance, si je n’avais pas lu, dans le regard de mes soignants et de mes proches, un profond respect de ma vie, dans l’état lamentable dans lequel j’étais. Leur considération fut la lumière qui m’a convaincu que ma propre dignité était intacte. Ce sont eux – et tous ceux qui m’aiment – qui m’ont donné le goût de vivre.
 

En réalité, affirmer qu’au menu de la vie on pourrait « choisir sa mort » est une absurdité et une violence, de même qu’il est absurde et violent d’exiger d’un soignant qu’il transgresse l’interdit de tuer. Car c’est cet interdit qui limite sa toute-puissance, nous met sur un pied d’égalité, m’autorise à exister et, si j’en éprouve le besoin, à me plaindre sans craindre d’être poussé vers la sortie.
 

On nous dit : « C’est un droit qu’on vous propose ; il ne vous enlève rien. » Mais si ! Ce prétendu droit m’enlève ma dignité, et tôt ou tard, me désigne la porte. Ne voyez-vous pas la pression – pour ne pas dire l’oppression – qui monte quand une société rend éligibles à la mort les plus humiliés, les plus souffrants, les plus isolés, les plus défigurés, les moins résistants à la pitié des autres, et – certains le revendiquent déjà – les plus coûteux ?
 

Avec mes amis de Soulager mais pas tuer, je lance cet appel solennel : le moment est à prendre soin les uns des autres, à accompagner chacun, à soulager toute douleur, peine et souffrance, à retisser des liens de solidarité avec les personnes malades, dépendantes, isolées. Le moment est plus que jamais à soulager, pas à tuer. »

SFAP le 8 février 2021, concernant l'ouverture d'un nouveau portail d'informations :

Nous avons le grand plaisir de vous annoncer le lancement aujourd’hui par la SFAP du site « La vie, la mort… On en parle ? » : un portail de ressources pour aider les parents, le monde éducatif et la médecine scolaire à aborder les questions de fin de vie, de mort et de deuil avec enfants et adolescents.

Fruits d’un an et demi de travail, ces outils et ressources prennent tout leur sens dans notre environnement actuel où attentats tragiques et crise sanitaire nous exposent de plein fouet, chaque jour ou presque, à la mort et son impensé.

C’est grâce à une mobilisation inédite et la contribution, en pleine pandémie, de près de 80 chercheurs, praticiens et acteurs de terrain que ces contenus ont pu voir le jour, parmi lesquels de nombreux soignants des équipes de soins palliatifs. Qu’ils ou elles soient anthropologues, art-thérapeutes, documentalistes, historiens, infirmières, pédiatres, infirmières, psychologues ou sociologues, chacun a apporté ses éclairages, ses recommandations, son expérience.

De nombreux partenaires institutionnels, associatifs et privés ont par ailleurs appuyé l’élaboration du projet, grâce à leurs retours de terrain et à leur précieuse expertise : fédérations de parents d’élèves et de bénévoles d’accompagnement, associations familiales et spécialisées en santé scolaire, ministère de l’Education nationale et de la jeunesse, patients-experts et associations d’aidants…  Un remerciement tout particulier aux équipes ressources régionales de soins palliatifs pédiatriques et au Centre National des Soins Palliatifs et de la Fin de Vie pour leur précieux concours, ainsi qu'à la Fondation OCIRP pour son soutien.
 

Vous trouverez plus d’information sur ce projet dans le dossier de presse.

Donner des repères pour comprendre et des pistes pour accompagner : c’est ce leitmotiv qui nous a guidé tout au long du projet. C’est dans cet esprit que nous vous invitons à partager largement ce site : pour que ces outils puissent être utiles au plus grand nombre et qu’ils contribuent à favoriser une pédagogie de la finitude.

Un grand merci !

Nicolas El Haïk-Wagner, co-responsable du groupe de travail « Jeunes Générations », Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs
 

Claire Fourcade, Présidente, Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs

Alex Kahn, août 2020 et mai 2021 (sélectionné par notre vice présidente Sylvie Ménard) :

(.) "Voilà, le paysage de mon avenir s’est modifié. Je ne le connais pas avec précision mais il a peu à voir avec ce que j’avais envisagé auparavant. Il me faut m’adapter. J’ai souvent écrit que la mort était pour moi une compagne familière, rencontrée presque chaque jour dans mon métier de médecin avant que je ne m’en éloigne pour me consacrer à la recherche, si souvent dans ma famille. Seul médecin jusqu’à ma génération, il m’incombait de gérer les départs, au moins d’y réagir en première ligne. Et puis, j’aime la vie, passionnément. Cependant, je l’ai souvent comparée à une pièce qu’il incombait aussi bien à l’auteur qu’à son acteur principal, la même personne, de rendre riche et passionnante. D’en éviter l’insignifiance. Cependant, même en cas de succès, il convient que l’œuvre ne s’éternise pas au risque de devenir franchement ennuyeuse. Je savais être relativement proche du baisser de rideau ; un peu plus, un peu moins ne fait pas grande différence. Pourtant, il me faut, pour le jouer convenablement, imaginer les différents scénarios du dernier acte. Et me préparer à en emprunter le parcours dans les meilleures conditions".  

Lien vers l'article : https://axelkahn.fr/%E2%80%AFatmosphere-lame-dun-homme-aout-2020/